GAUCHERON, Roger

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GAUCHERON, Roger

Cote/Cotes extrêmes

324PAAP (Cote de commande)

Date

1910-1947

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Centre des archives diplomatiques de La Courneuve

Description physique

5 articles dans 5 boîtes Cauchard, soit 0,6 ml.

Origine

GAUCHERON, Roger

Biographie ou Histoire

Archiviste paléographe, Roger Gaucheron (1891-1946) soutient à l'École des chartes une thèse sur « Michel Amelot et l'administration du commerce (1699-1724) », qui est récompensée du prix Auguste Molinier [1]. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est officier d'état-major à Verdun, auprès du général Nivelle. Après l'armistice, il entre par concours aux Affaires étrangères. Sa carrière le conduit à Dublin, auprès d'Alphand, à Washington, auprès de Paul Claudel, puis, en 1937, à San Francisco, où il est consul général. Il quitte la Californie en 1941 et, affecté à la direction des Archives, collabore aux travaux du bureau d'études Chauvel. Il participe à la conférence de San Francisco, qui crée les Nations Unies. Nommé ambassadeur à Caracas, il rejoint son poste en avril 1946. Il y met fin à ses jours sans explication, après la remise de ses lettres de créances au président vénézuélien.

[1] Amelot a été également ambassadeur à Rome, Madrid et en Suisse. Sur sa mission à Madrid, on consultera : Guillaume Hanotin, Ambassadeur de deux couronnes. Amelot et les Bourbons entre commerce et diplomatie, Madrid, Casa de Velázquez, 2018, 608 p.

Modalités d'entrées

Don en mai 1986 de Simone Gaucheron, sœur de Roger Gaucheron.

Présentation du contenu

L'intérêt principal du fonds Gaucheron réside dans la documentation assemblée pour ses recherches historiques :

  • Ses archives contiennent un exemplaire manuscrit de sa thèse inédite sur Michel Amelot. Elle est riche d'enseignement sur l'action de celui-ci au bureau du Commerce, grâce notamment à de nombreux dépouillements en France et à l'étranger, en particulier en Suisse, à l'abbaye de Saint-Gall et à Londres, au British Museum [1], où Gaucheron a retrouvé la correspondance du cardinal Gualterio, nonce apostolique à Paris, ami et confident d'Amelot et aussi de Saint-Simon [2]. La thèse évoque également la carrière du diplomate, son hôtel de la rue Saint-Dominique et ses collections.
  • Sur les Français en Californie, Gaucheron a rassemblé à partir de recherches dans les archives et bibliothèques américaines une abondante documentation : elle concerne notamment Jean-Louis Vignes, natif de Cadillac, près de Bordeaux, qui a développé la viticulture dans l'ouest américain et son cousin Pierre Sainsevain, chez qui a été rédigé la première constitution de Californie, en 1849. Ces recherches remettent en valeur le rôle des Français de Californie avant la ruée vers l'or. Le diplomate a aussi transcrit de larges extraits du journal de Benard de Russailh, débarqué à san Francisco le 4 mars 1851 et mort dans cette ville en juillet 1852 [3].

Le fonds comprend aussi quelques dossiers plus restreints. On note un carnet relatif à ses fonctions à Verdun en 1916, dans lequel figure quelques portraits rapidement esquissés de personnalités ayant visité le front [4].

 

[1] Les collections consultées par Gaucheron sont aujourd'hui à la British Library.

[2] NEVEU (Bruno), « Une étroite amitié : Saint-Simon et le cardinal Gualterio », dans Cahiers Saint-Simon, no 22, 1994, p. 35-48.

[3] Ce journal a depuis été publié : BENARD DE RUSSAILH (Albert), Journal de voyage en Californie à l'époque de la ruée vers l'or : 1850-1852, texte édité et présenté par Sylvie Chevalley, Paris, Aubier-Montaigne, 1979, 232 p.

[4] Sont décrits des peintres, comme Jean-Louis Forain, des hommes politiques, comme Tardieu (« A. Tardieu, à l'élégance sûre, il est maître de lui, quelle belle aisance, le large feutre, le vêtement à carreaux lui conviennent à ravir. Diplomate l'autre jour, soldat hier, enquêteur maintenant, et toujours avec succès »), Thomas (« Le roi des munitions, lourd et banal, socialiste furieusement embourgeoisé, il est gras, il s'inquiète du déjeuner prochain : 7 ou 8 couverts ; non pas 10, cela vaudra mieux. ») ou encore Millerand (« Petit homme, habillé de bleu marine, au chapeau mou, la tête enfoncée dans les épaules ; les cheveux d'un blanc gris éclatant. »)

Évaluation, tris et éliminations, sort final

les archives de Roger Gaucheron sont arrivées en vrac, ce qui a exigé un reclassement complet.

Mode de classement

Le classement suit le déroulé de sa carrière.

Conditions d'accès

Communication libre selon le Code du patrimoine.

Conditions d'utilisation

La reproduction est libre pour les documents communicables dans les conditions prévues par le règlement de la salle de lecture.

Langue des unités documentaires

Français, certains documents en anglais.

Autre instrument de recherche

Répertoire numérique détaillé par Jean-Philippe Dumas, conservateur général du patrimoine, La Courneuve, décembre 2025, 6 p. Consulter l'inventaire.

Documents en relation

Centre des Archives diplomatiques de La Courneuve :

 

Les archives d'administration centrale permettent de retracer la carrière de Roger Gaucheron à Paris, de ses débuts à la maison de la Presse à son affectation aux Archives pendant l'Occupation.

Son dossier d'agent est conservé sous la référence : Personnel, dossiers nominatifs, 3e série : 395QO/291. Il comprend de nombreuses coupures de presse et des rapports relatifs à son décès.

Pour le bureau d'études Chauvel, on se reportera à la série des Papiers 1940.

 

La collection du musée comprend deux pièces d'uniforme ayant appartenu à Gaucheron :

            M 54.1 : habit d'uniforme de consul général.

            M 54.2 : pantalon d'uniforme de consul général.

 

Le nom de Roger Gaucheron a été attribué au fichier du personnel diplomatique et consulaire (707SUP/1 à 14) : il y a vraisemblablement contribué pendant l'Occupation, mais le travail a été poursuivi par la suite. Ce fichier s'étend aujourd'hui au moins jusqu'à la fin de la IIIe République.

 

Centre des Archives diplomatiques de Nantes :

À Nantes sont conservées les archives des postes où Roger Gaucheron a servi, à l'exception des archives de Washington, non encore rapatriées.

Bibliographie

La nécrologie de Roger Gaucheron a été publié dans la Bibliothèques de l'Ecole des chartes :

BOSSUAT (Robert), « Roger Gaucheron (1891-1946) », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 1946, tome 106, livraison 2, p. 439-442.