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Date
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Description physique
Origine
Biographie ou Histoire
Diplômé des Sciences politiques, Jacques Vimont (1911-2002) a exercé au Département les fonctions suivantes : attaché d'ambassade en Yougoslavie (1938), directeur adjoint du cabinet civil du résident général de France à Tunis (1939), sous-directeur des protectorats (1944), conseiller du gouvernement chérifien (1946), conseiller d'ambassade à Berne (1949), secrétaire général du gouvernement tunisien (1950), conseiller d'ambassade au Brésil (1951), directeur adjoint du cabinet du ministre (1953), conseiller d'ambassade aux États-Unis (1954), chargé des affaires d'Amérique (1957), directeur du personnel (1958), ambassadeur au Mexique (1965), en Tchécoslovaquie (1969), en URSS (1973). Il a été élevé à la dignité d'ambassadeur de France en 1975. Après sa retraite du Quai d'Orsay, il a été membre du conseil d'administration de la compagnie nationale Air France (1976-1980) et membre du conseil de l'ordre de la Légion d'honneur (1977-1981).
Jacques Vimont est le beau-frère du diplomate Henri de Coignac et le père du diplomate Pierre Vimont.
Modalités d'entrées
Don de Jacques Vimont en 1990 et 1992.
Présentation du contenu
Jacques Vimont était familier des questions intéressant l'Afrique du Nord, qu'il connaissait par son beau-père, médecin installé en Tunisie. Il fit une grande partie de sa carrière en Tunisie et au Maroc, où il joua un rôle majeur dans la crise qui précéda l'indépendance. Par la Tunisie, il connaissait bien les questions italiennes.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Jacques Vimont sert à Tunis, auprès du résident général, Eirik Labonne puis de son successeur, l'amiral Esteva. Ses archives comprennent de nombreuses études sur le protectorat, en particulier la communauté italienne. Certaines ont été rédigées à la demande de François Charles-Roux, appelé par Vichy aux fonctions de secrétaire général du Quai d'Orsay [1]. D'autres, postérieures, l'ont été pour le groupe Chauvel, constitué par ce dernier, futur secrétaire général du commissariat aux Affaires étrangères à Alger, afin de rassembler des éléments qui seraient utiles à la délégation française à la future conférence de la paix.
À la Libération, Jacques Vimont participe comme sous-directeur des protectorats et spécialiste des questions italiennes aux négociations aboutissant au traité de paix de 1947. Avec Armand Bérard, secrétaire de la conférence, il en rédige les comptes rendus.
Bientôt nommé conseiller du gouvernement chérifien, Jacques Vimont est reçu en tête-à-tête par le sultan, audiences dont les comptes rendus sont conservés. Mohammed V y exprime d'emblée son désir de mettre fin à la domination française, qualifiée de simple « éclipse de la fortune » dans l'histoire du pays. Lors des entretiens, les sujets les plus variés sont évoqués : faits de droit commun, tel un viol à Fès, occasion d'irritation pour le sultan qui déplore de n'avoir pas pu « faire promener sur un âne à travers la ville le coupable complètement déshabillé et le crâne rasé » (audience du 9 novembre 1946) ; questions internationales, par exemple le statut de Tanger (audiences du 22 et 26 octobre 1946), ou culturelles, ainsi la censure du film La Septième porte, avec Maria Casarès inspiré d'une fable arabe, il fait craindre au sultan « une mauvaise publicité pour le Maroc » (10 décembre 1946 [2]). En 1949, de nombreux échanges traitent de la formation de Moulay Hassan, futur Hassan II, tout juste licencié en droit. Enfin, il faut citer le rapport de la mission effectuée par Jacques Vimont en août 1953, dans lequel il suggère la destitution du sultan, Mohammed V, au « régime xénophobe, rétrograde et oriental ». Cette décision soudera les Marocains autour du sultan et conduira à l'indépendance, le 2 mars 1956, après les accords de La Celle-Saint-Cloud.
Conseiller à Washington, Jacques Vimont y est chargé de l'Afrique du Nord, auprès de l'ambassadeur Henri Bonnet puis de ses successeurs, Maurice Couve de Murville et Hervé Alphand. Il fait connaître la position française à une opinion américaine hostile. Il s'intéresse aussi à des questions plus générales, notamment la conférence de Bandung ; il fait le compte rendu des conversations entre le président du Conseil, Pierre Mendès-France, et le secrétaire d'État américain, John F. Dulles, à propos de l'Afrique du Nord les 19 et 20 novembre 1954.
Parmi les dossiers des papiers Vimont qui ne concernent pas la Méditerranée, on note une série de pièces sur les accords de Munich, en 1938.
Aucun document ne porte sur les fonctions de Jacques Vimont au Mexique et en URSS.
[1] Par son père, armateur de Marseille, député, François Charles-Roux était particulièrement au fait des questions coloniales. Nommé en mai 1940, il quitte ses fonctions le 26 octobre suivant, au lendemain de l'entrevue de Montoire, qui marque publiquement l'entrée dans la politique de collaboration.
[2] Le fim sera finalement présenté en séance privée au sultan.
Évaluation, tris et éliminations, sort final
Le fonds a fait l'objet d'un premier traitement avant son reclassement en 2025.
Mode de classement
Les papiers Vimont ont d'abord été classés en deux ensembles successifs en fonction de leur date d'entrée. En 2025, ils ont été reclassés chronologiquement en respectant la carrière du diplomate mais aussi les regroupements et identifications qu'il a effectués, notamment pour la période de la Deuxième Guerre mondiale, pour lequel des dossiers provenant du bureau d'études de Vichy et du groupe Chauvel avaient été clairement distingués.
Conditions d'accès
Communication libre selon le Code du patrimoine.
Conditions d'utilisation
La reproduction est libre pour les documents communicables dans les conditions prévues par le règlement de la salle de lecture.
Langue des unités documentaires
Autre instrument de recherche
Répertoire numérique détaillé par Jean-Philippe Dumas, conservateur général du patrimoine, La Courneuve, avril 2025, 7 p. Voir l'instrument de recherche.
Documents en relation
Archives du ministère des Affaires étrangères, site de La Courneuve :
Les papiers 1940 comprennent les archives du groupe Chauvel (402QO), pour lequel a travaillé Jacques Vimont. L'étude rédigée par celui-ci sur les Italiens de Tunisie y figure dans l'article 402QO/136.
On note qu'un dossier est consacré à Vimont dans les papiers Kammerer, du nom de ce diplomate, qui a mené une grande enquête sur la diplomatie de Vichy (94PAAP/34).
Dans les fonds de l'administration centrale, les séries consacrées au Maroc entre 1944 et 1955 sont conservées sous les cotes 24QO/1 à 858. On pourra aussi consulter celles relatives à la Tunisie (25QO/1 à 752).
Enfin, Jacques Vimont a accordé douze entretiens à la direction des Archives, parmi lesquels certains complètent les archives qu'il a remises. Le 1er porte sur la conférence de Londres, les 3e, 4e et 5e sur le Maroc, les 6e, 7e, 8e et 9e sur la Tunisie. Parmi les autres points abordés, il évoque ses fonctions au cabinet du ministre et à Moscou.
Archives du ministère des Affaires étrangères, site de Nantes :
Au centre des Archives diplomatiques de Nantes, on note les archives du cabinet de l'amiral Esteva, résident général en Tunisie (1TU/100/1-81), dont Jacques Vimont était le directeur adjoint du cabinet civil. Dans les fonds d'ambassade, on peut suivre ses différentes fonctions, par exemple à Mexico (1958-1995 : 432PO/6/1-341). À noter que les archives de Washington ne sont pas versées à Nantes mais toujours conservées à l'ambassade.
Bibliographie
AGERON (Charles-Robert), « Le parti colonial et la crise franco-marocaine jusqu'à la déposition du Sultan Mohammed V (20 août 1953) » dans Les Cahiers de l'Institut d'Histoire du Temps Présent, no 38, décembre 1997, p. 45-68.
On pourra consulter les mémoires de diplomate, par exemple ceux de Jean Chauvel, même s'il ne cite pas Vimont, ou le journal d'Hélène Hoppenot, dont le mari, Henri a été ambassadeur à Berne quand Jacques Vimont y a été brièvement conseiller d'ambassade [1].
[1] Des lettres de Jacques Vimont sont conservées dans les papiers Hoppenot (270PAAP/18).
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