Correspondance de François Cacault, agent de la République française en Italie

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Cote/Cotes extrêmes

1AE/39, 58, 183 (Cote de commande)

Date

1792-1797

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Centre des archives diplomatiques de Nantes

Origine

François Cacault (1743-1805)

Conditions d'accès

Libre.

Conditions d'utilisation

Libre.

Autre instrument de recherche

Page d'introduction par Bérangère Fourquaux, conservateur en chef du patrimoine (septembre 2026).

Documents en relation

Centre des Archives diplomatiques de La Courneuve :

266QO/13 - Personnel, première série nominative (volumes reliés) : François Cacault (1785-1805).

La correspondance de F. Cacault avec le ministère des Affaires étrangères pendant ses différentes missions en Italie entre 1793 et 1803 est à consulter dans les séries Correspondance politique et Mémoires et documents (sous-séries Rome, Gênes, Florence ; s'ajoute Naples pour la période 1788-1792).

 

Archives nationales (Pierrefitte) :

165AP/1 - Papiers François Cacault (1795-1797).

Correspondance originale adressée à F. Cacault, portant presque entièrement sur la préparation et l'exécution du traité de Tolentino. Ces pièces proviennent toutes de la collection d'André de Coppet, vendue en 1955-1956, partiellement acquise par les Archives nationales, et répartie entre les articles AB/XIX/3622-3629 et divers fonds individuels de la série AP.

Les lettres reçues par F. Cacault actuellement repérées, conservées aux Archives nationales (165AP/1) et au CADN (1AE/39, 58 et 183), ont manifestement jadis fait partie d'un même ensemble, puisqu'elles portent toutes un numéro d'ordre d'origine à l'encre rouge. Ces numéros se complètent sans se répéter, pour former une séquence numérique et chronologique qui reste encore très incomplète. Il semble que cet ensemble fut dispersé avant l'acquisition d'une partie des lettres par A. de Coppet.

 

Bibliothèque municipale de Nantes :

Ms 3114 - Pièces relatives à François Frédéric Lemot et François Cacault (1790-1811, 7 pièces).

Ms 3204 - Dossier Pierre-René et François Cacault : lettres d'eux et les concernant, notices les concernant (1er tiers du XIXe s.)

Bibliographie

Cleyet-Michaud, Rosine, Un diplomate de la Révolution en Italie, François Cacault (1793-1798), thèse d'Ecole des chartes, 1971. [Disponible en ligne : https://bibnum.chartes.psl.eu/s/thenca/item/47688 ]

Cleyet-Michaud, Rosine, « François Cacault, un diplomate amateur d'arts », in Blandine Chavanne (dir.), La Collection Cacault, Publications de l'Institut national d'histoire de l'art, 2016, en ligne : https://doi.org/10.4000/books.inha.6957

Hanotaux, Gabriel, Hanoteau, Jean, Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France depuis les Traités de Westphalie jusqu'à la Révolution française, XX - Rome, tome 3 - 1724-1791, Paris, F. Alcan, 1913, p. 525-530. [Disponible sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11658c/f1.item ]

Kerautret, Michel, Les grands traités du Consulat (1799-1804), Documents diplomatiques du Consulat et de l'Empire, tome 1, Nouveau Monde Éditions / Fondation Napoléon, Paris, 2002, p. 78-84 et 314-315. [CADN, 8°4526]

Tulard, Jean (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987, article « Cacault (François) » (par R. Cleyet-Michaud).

Lettre du général Louis Alexandre Berthier à François Cacault, ministre de France à Florence en mission à Rome pour veiller à l'exécution du traité de Tolentino signé le 19 février avec Pie VI, relative aux cadeaux en médaillons et autres antiques que le pape devrait selon lui consentir au général en chef et à ses proches (Bologne, 9 ventôse an V / 27 février 1797).

Cote/Cotes extrêmes

1AE/183 (Cote de commande)

Date

1797

Description physique

Bifeuillet dont le second f. a été coupé, papier à entête de l'armée d'Italie / État-major général / Le général de division, chef de l'État-major, avec vignette emblématique.

Histoire de la conservation

Provenance inconnue ; possible passage en vente vers 2011, peut-être avec d'autres lettres de Berthier à Cacault. La mention manuscrite au crayon « 27 Feb. 1797 » en haut à droite laisse supposer que cette lettre a jadis fait partie de la collection d'un anglophone. Document saisi à Fleurus (Belgique) en 2022 et restitué par la Belgique à la France le 3 juin 2026.

Modalités d'entrées

Restitution par la Belgique à la France le 3 juin 2026 suite à revendication dans le cadre de l'affaire Génot (avec les pièces cotées 1AE/182 et 184).
Transfert de l'ambassade de France en Belgique aux Archives diplomatiques (La Courneuve) pendant l'été 2026. Prise en charge au CADN le 3 septembre 2026.

Présentation du contenu

Contexte :

Nommé chargé d'affaire à Rome le 19 janvier 1793, François Cacault arrive le 26 février à Florence, où il demeure suite au refus de Pie VI de recevoir un ministre de France. Il est ensuite chargé d'affaires par intérim en Toscane (du 11 octobre 1793 au 20 mai 1795), puis à Gênes (de janvier à mars 1796) ; par arrêté du 23 octobre 1796, il est nommé ministre plénipotentiaire à Florence.

Lors d'une fulgurante campagne commencée en avril 1796, le général en chef de l'armée d'Italie Bonaparte impose au pape l'armistice de Bologne, signé le 23 juin 1796, et envoie F. Cacault à Rome pour assurer l'exécution de ses clauses. Il y reste jusqu'à janvier 1797, où il rejoint Bonaparte à Bologne. Celui-ci, alors que les négociations de paix entamées en 1796 ont échoué et que le pape a fait appel à l'aide militaire de l'Autriche, impose à Pie VI le traité de Tolentino (19 février 1797), dont les clauses aggravent celles de l'armistice en termes de pertes financières (en tout 36 M. de livres dont une partie en « diamants et autres effets précieux ») et territoriales. Le montant du tribut de « cent tableaux, bustes, vases ou statues » et 500 manuscrits reste en revanche identique (article 8 de l'armistice, confirmé par l'article 13 du traité). Signataire avec Bonaparte - et peut-être négociateur - du traité, F. Cacault retourne à Rome pour veiller à son exécution. Fervent partisan de la spoliation des œuvres d'art, et lui-même amateur éclairé, il participe activement aux travaux des commissaires dépêchés pour effectuer la sélection ; quatre convois quittent Rome pour Paris entre mai et juillet 1797.

Rappelé en France en décembre 1797 alors que l'agitation à Rome va précipiter l'occupation militaire française et la proclamation, par Berthier, de la République romaine (février 1798), F. Cacault revient en avril 1801 comme ministre plénipotentiaire puis ambassadeur auprès du pape (revenu dans ses États en 1800), avec qui il négocie le Concordat, avant d'être remplacé en avril 1803 par le cardinal Fesch.

Cette lettre potache, qui se rattache par son ton et son contenu à la correspondance particulière, illustre aussi le cynisme et la rapacité des vainqueurs prêts à faire main basse sur les joyaux et les œuvres d'art des collections pontificales.

Transcription :

Il paraît mon cher Cacault que tout va bien à Rome - où vous devez jouir de votre ouvrage. Je vous recommande les médaillons pour bracelets. Engagez donc le Saint Père à nous envoyer, au g[énér]al en chef, à sa chère moitié et à moi, quelques anthiques qui nous rappel de lui. Je voudrais avoir pour bague deux jolies mosaïques. Sans plésanter, le pape nous doit à chacun un cadeau.
Je vous embrasse de tout mon cœur.
Alex[andre] BERTHIER

Autre instrument de recherche

Description par Bérangère Fourquaux, conservateur en chef du patrimoine (septembre 2026).